Femmes et numérique : faut-il tirer la sonnette d’alarme ?

Nous avons beau être en 2018, il semble que certains clichés ont la vie dure et continuent d’alimenter bien des esprits. Quand on fait référence aux métiers du numérique, beaucoup ont encore en tête l’image du trentenaire à lunettes un peu geek sur les bords, le sauveur de bien des employés de bureau qui vient à bout de n’importe quel soucis à coups de clics et raccourcis clavier dont vous ne soupçonniez pas même l’existence ! Si c’est l’image que vous aviez vous-même en tête, alors je ne pense pas vous surprendre en vous annonçant que les métiers du numérique, bien qu’en plein essor, sont aujourd’hui encore massivement représentés par la gente masculine. Comment expliquer alors le fossé entre hommes et femmes au coeur d’un secteur d’activités en plein renouveau ? C’est ce que nous allons tenter d’expliquer et de décortiquer le temps de cette brève.

Un constat sans appel

Aujourd’hui, on estime à environ 30% la représentation du nombre de femmes dans le secteur du numérique dans sa globalité. Bien que déjà préoccupant, ce pourcentage dégringole pour à peine atteindre la barre des 15% lorsque l’on se penche sur cette même représentation à des postes qualifiés de « technique », de quoi vous donnez un premier aperçu de la bataille à mener… Si l’on est logiquement en droit de penser que cet écart tend à se réduire avec le temps et le rôle prépondérant du numérique dans la vie de tous les jours, la réalité est tout autre, puisque cet écart s’accentue un peu plus chaque année.

 Tout un système à revoir ?

Comment expliquer alors un tel fossé entre hommes et femmes au sein des métiers du numérique ? Pour beaucoup, les premiers éléments de réponse se trouvent du côté des écoles, lycées et universités où un schisme semble s’opérer naturellement concernant l’orientation des étudiants. Il apparaît en effet que les garçons soient toujours plus facilement orientés vers des filières techniques et technologiques à l’inverse de leurs homologues féminines. Si la part des filles qui s’orientent vers un baccalauréat scientifique tend à augmenter d’année en année, il s’avère que seul 20% des diplômées s’orientent vers des études d’ingénieur, domaine encore aujourd’hui largement dominé par la gente masculine.

Cette tendance se traduit également dans la sphère professionnelle puisque le secteur de l’innovation, récemment mis à l’honneur par nos start-up françaises lors du CES 2018, reste lui aussi essentiellement représenté par des hommes, symbole d’une culture où l’entreprenariat se conjugue presque exclusivement au masculin.

Des motifs d’espoir

Si le constat peut sembler amer, il faut cependant nuancer ce propos au vu des nombreuses actions qui voient le jour avec la ferme conviction de faire de la parité dans le secteur du numérique une réalité d’ici les prochaines années. C’est notamment le cas du collectif Femmes@Numérique qui, soutenu par de nombreux autres mouvements, a récemment fait parler de lui en interpellant le Premier Ministre et en appelant à faire de ce combat pour la parité la « Grande Cause nationale de 2018 ». Il y a en tout cas des motifs d’espoir de voir les choses bouger enfin, d’autant plus quand on connaît le désir de l’État français de se hisser comme une référence, un modèle en matière d’innovation, d’égalité et d’économie dans le domaine du numérique.